Vivre le Carême sur Internet

De plus en plus nombreuses, chaque année, les retraites en ligne permettent à ceux qui n’ont pas la possibilité d’effectuer une retraite classique de bénéficier d’un accompagnement spirituel durant ce temps de conversion, de pénitence et de préparation à la fête de Pâques, qu’est le Carême.

Mercredi 18 février, nous entrerons en Carême en recevant les cendres.

On raconte qu’en 1525, le poète français Clément MAROT, connu pour ses mœurs très libres, fut emprisonné pour avoir mangé du lard en plein carême. Les historiens estiment que l’anecdote est fausse, toutefois si le poète a pu la raconter en la rendant crédible, c’est sans doute qu’à l’époque on prenait le Carême plus au sérieux qu’aujourd’hui. Mais prendre le Carême au sérieux, qu’est-ce que cela signifie ? Certainement pas, présenter au monde une « face de Carême ». Le chrétien dans l’attente de la Résurrection de son Sauveur n’est pas obligé de se donner des airs de croque-mort, ce serait un contre – sens.

Le temps du Carême nous est offert pour apprendre à désirer Dieu. Nous sommes invités à nous retirer au désert, au moins intérieurement, pour y préparer notre cœur au don de la Vie éternelle que Jésus veut nous faire. L’Église, à la suite de l’Évangile, nous donne des moyens pour cela : le jeûne, la prière, l’aumône. Il est de bon ton chez les chrétiens de les relativiser. Cela n’est pas très juste. Ils ne sont pas là pour eux-mêmes mais pour un bien plus grand : aimer davantage Dieu et notre prochain. Ils nous rappellent nos limites, nos difficultés à nous décentrer et mettent à mal nos illusions de perfection.

La prière est le moyen par excellence parce qu’il est le plus direct, celui qui nous unit à Dieu. Mais l’aumône et le jeûne, par leur matérialité et leur visibilité mêmes, nous évitent d’en rester à de pieuses allusions.

« Le chemin de la pauvreté et du manque (le jeûne), le dialogue filial avec le Père (la prière), le regard et les gestes d’amour envers l’homme blessé (l’aumône) nous permettent d’incarner une foi sincère, une vivante espérance et une charité active. » (Pape François)

Il n’est d’ailleurs pas interdit d’être ingénieux pour trouver la manière de décliner ces trois moyens à notre genre de vie, à notre tempérament. Nous savons tous, à force de confesser toujours les mêmes péchés, quelles sont les zones d’ombres de notre cœur qu’il nous faut convertir. Par ces petits efforts ciblés, adaptés à ce que nous sommes, ni trop durs ni trop indulgents, le carême est l’occasion d’un petit nettoyage de printemps dans notre cœur, pour le rendre tout pimpant et accueillant à son hôte divin : JÉSUS RESSUSCITÉ.

Quarante jours : cette durée est symbolique. Elle renvoie à l’expérience du Christ qui elle-même récapitule les quarante années d’errance du peuple de Dieu au désert. Pour l’homme de la Bible, quarante ans, c’est le temps d’une vie humaine : « Toute la vie du chrétien est un saint désir » (Saint Augustin).

Alors oui, prenons le carême au sérieux, sans nous prendre nous-mêmes trop au tragique. Avoir de l’humour sur nous-mêmes et notre incapacité à tenir nos efforts ou à nous convertir est encore une manière de remettre notre impuissance aux pieds du ressuscité. C’est peut-être le début de la sainteté.

BON CAREME A TOUS ET A CHACUNE ET CHACUN